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Mieux comprendre les troubles de l'attention pour éviter les erreurs de diagnostic ou les confusions fréquentes entre TDAH et HPI.

  • virginie453
  • 5 mai
  • 4 min de lecture

Les difficultés de concentration, la dispersion chronique ou le sentiment de surcharge mentale sont aujourd'hui très souvent mises en lien avec le TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité). Dans le même temps, de nombreuses personnes identifiées à haut potentiel (HPI) se reconnaissent dans ces symptômes.


Il peut alors devenir complexe de comprendre ce qui relève d'un trouble spécifique du développement neurologique, d'un contexte de vie ou bien d'une histoire personnelle.


Attention donc aux diagnostics posés rapidement qui pourraient s'avérer réducteurs.

Tout trouble de l'attention ne peut pas s'éclairer à l'unique lueur d'un TDAH.


  1. Les caractéristiques du TDAH connues à ce jour.


Le TDAH est défini par la médecine clinique comme un trouble du développement neurologique affectant certaines fonctions du cerveau :

  • la régulation de l'attention

  • le contrôle de l'impulsivité

  • la gestion de l'effort et de la motivation

  • l'activité motrice

Certaines de ces fonctions dépendent notamment de circuits impliquant la dopamine (en lien avec la motivation et la sensation de récompense).


Le TDAH pourrait s'expliquer par des causes biologiques, notamment génétiques, mais pas seulement. L'environnement semble également jouer un rôle s'il est trop stimulant, chaotique, peu structurant, traumatique, source de stress chronique. Il peut alors amplifier les symptômes ou rendre plus ardue la régulation de certaines fonctions neurologiques.


Chez les personnes ayant un TDAH, on peut observer :

  • une difficulté à rester concentré.e dans différents contextes (inattention, oublis fréquents)

  • un besoin de stimulation plus élevé que la moyenne

  • une sensation de dispersion fréquente et constante

  • une difficulté à s'organiser dans la durée (gestion du temps notamment, procrastination)

  • une impulsivité (ex: couper la parole) et une agitation soit motrice (ex: ne pas pouvoir tenir en place, hyperactivité), soit interne (impatience).

  • une instabilité émotionnelle

  • une hypersensibilité

  • une hyperfocalisation sélective


Pour que le diagnostic TDAH soit posé, ces symptômes doivent être présents depuis l'enfance (cette notion est importante), durables, manifestes dans différents contextes (familial, relationnel, professionnel), entraîner une réelle souffrance ou un handicap fonctionnel. Même s'ils peuvent, au prix d'un effort extrêmement énergivore, être davantage compensés à l'âge adulte.


  1. Pourquoi confond-on TDAH et HPI ?


Certains comportements ont tendance à résonner :

  • une difficulté à rester concentré.e

  • un ennui rapide

  • une impression de dispersion mentale

  • de la procrastination

  • une pensée foisonnante

  • une hypersensibilité

  • une instabilité émotionnelle


Mais les causes ne sont pas les mêmes !


Une personne HPI peut voir son attention décrocher parce qu'elle s'ennuie, parce qu'elle n'est pas suffisamment motivée, parce qu'un sujet ou une situation manque de sens à ses yeux.

A contrario de la personne avec un TDAH qui décroche parce maintenir son attention lui demande un effort constant, même quand le sujet l'intéresse.


Dans le premier cas, l'attention dépend du sens et de l'intérêt; dans le second, l'attention est structurellement instable.


  1. Des profils à combinés : HPI + TDAH


Ils existent et portent le nom de profils à "double exceptionnalité".

Le HPI également TDAH peut parvenir à masquer très longtemps son trouble, mais le trouble risque de freiner l'expression de son potentiel en générant un sentiment permanent d'échec, ainsi qu'un chaos interne. Ces profils combinés éprouvent un décalage particulièrement isolant et souffrant : "Je comprends très rapidement, mais je n'arrive pas à être dans la réalisation concrète", "Je commence sans jamais terminer", "Je suis sans arrêt en train de courir, tout le temps en retard, malgré mes efforts constants pour gérer le temps.", "J'oublie toujours un truc, même hyper important (mes papiers, mes clefs...)".


Aujourd'hui, beaucoup de patients arrivent en consultation avec un auto-diagnostic ou pire, un diagnostic posé à la va-vite. Or, plusieurs facteurs, autres que biologiques, peuvent provoquer chez des sujets non TDAH des comportements et symptômes ressemblants :

  • une anxiété chronique

  • une surcharge mentale

  • un évènement traumatique

  • des conflits internes non résolus

  • une exigence envers soi-même très élevée (très présente chez les HPI)


  1. Comment une thérapie peut aider ?


Nommer trop rapidement un TDAH peut avoir pour bénéfice secondaire d'éviter des questions plus intimes, profondes et dérangeantes : qu'est-ce qui dans l'histoire du sujet, est venu perturber ses capacités d'attention, son rapport au désir, à l'engagement ? Est-ce que les symptômes ont toujours été présents dans sa vie ou bien sont-ils intervenus à un âge plus avancé ? Si oui, depuis quel évènement exactement ?


C'est à cet endroit précis de questionnement que la thérapie analytique peut agir.

Elle peut permettre :

  • de faire comprendre ce qui provoque réellement la dispersion (angoisse, évitement, peur de l'échec, conflit intra-psychique, évènement traumatique ...)

  • de repérer les moments où l'attention est tout à fait possible et pourquoi.

  • de sortir d'une lecture uniquement neuro-pathologique ("je suis défaillant.e et cela ne changera pas") en réintroduisant la notion d'estime personnelle

  • de restaurer la confiance en soi par l'identification de son potentiel

  • de dépasser le sentiment de fatalité


Autrement dit, un travail analytique ne se résumera pas à travailler sur "comment mieux se concentrer", mais sur : "qu'est-ce qui en moi, rend certaines choses plus difficilement gérables ? ".

Mieux comprendre son fonctionnement est une première étape pour se réconcilier avec soi-même et mieux vivre au quotidien sa différence.





 
 
 

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