top of page

La procrastination : mieux la comprendre pour ne plus avoir peur d'agir.

  • virginie453
  • 9 sept. 2025
  • 4 min de lecture

C'est avec beaucoup d'empathie que j'écris aujourd'hui sur ce sujet car remettre à plus tard, en dépit de l'inconfort, la pression intérieure, voire la culpabilité que cela génère, a longtemps fait partie de mon quotidien. J'avoue qu'elle peut encore pointer le bout de son nez dans certaines situations de ma vie. J'ai appris à décoder les messages qu'elle me transmet lorsqu'elle se manifeste. Voici ici, la synthèse de mon analyse via ma propre expérience et celle de mes patient.e.s.

Loin d'être l'expression d'une paresse ou un défaut de caractère, la procrastination révèle souvent une tension intérieure plus profonde.


La procrastination vue par la lorgnette de la psychanalyse.

D'un point de vue psychologique, la procrastination peut être comprise comme une résistance. Derrière l'inaction se camoufle un conflit inconscient.

  • Résister à l'échec : ne pas agir pour éviter le risque de ne pas être à la hauteur.

  • Résister à la réussite : paradoxalement, réussir peut être aussi effrayant, car cela implique un changement de statut, de responsabilités ou un changement de regard sur soi. Chez beaucoup de Hauts Potentiels par exemple, la résistance à la réussite induit une peur d'être démasqué, d'attirer le regard et donc de sentir encore plus "différent", "non intégré à la majorité".

  • Résister au désir : procrastiner diffère cet instant de vérité où l'on découvre si ce que l'on veut correspond vraiment à notre désir profond. Il peut y avoir ainsi une anticipation de conflit intérieur, une angoisse de déception.

  • Alimenter un Surmoi culpabilisant : en entretenant la culpabilité, la procrastination peut rejouer inconsciemment un schéma qui maintient dans une dette vis-à-vis de soi-même ou envers une figure parentale intériorisée. Par exemple, se sentir coupable d'avoir éprouvé un élan haineux envers un de nos deux parents ; ce qui a été théorisé par Freud avec le complexe oedipien. Cette culpabilité se combine avec l'angoisse d'être puni ou châtié par le parent (père ou mère) pourtant aimé.

Ainsi, remettre à plus tard peut être interprété comme une mise-en-scène de l'ambivalence : je veux, mais je ne veux pas ; je désire, mais je crains ce que ce désir pourrait impliquer.


Une dimension psychologique et émotionnelle.

Au-delà des conflits de l'inconscient, la procrastination traduit souvent :

  • Une estime de soi fragilisée : "si je n'y arrive pas, cela confirmera que je ne vaux rien."

  • Un perfectionnisme inhibant : "si ce n'est pas parfait, autant ne pas le faire."

  • Une difficulté à réguler les émotions. La tâche à accomplir suscite une anxiété, un ennui ou un découragement que l'on tente d'éviter en se distrayant.


Des pistes concrètes pour sortir de ce schéma répétitif.

1/ Découper et ritualiser : essayer de ne pas projeter le résultat final (le haut de l'Everest) en procédant par petites étapes qui seront autant de gratifications pour rester connecté à sa motivation intérieure. Se fixer des objectifs simples et accessibles. Cela peut être de se dire : "aujourd'hui, je fais juste cela, cela va prendre 10 minutes et cela sera déjà très bien. Et demain, j'avancerai un peu plus, à mon rythme."

2/ Accepter l'imperfection : mieux vaut un premier jet imparfait plutôt qu'un idéal jamais atteint. La perfection n'existe pas. Je sais, pour certain.e.s d'entre nous, cette notion d'imperfection est complexe à accueillir. Pourtant, croyez-moi, la réponse au bien-être se trouve majoritairement dans l'action. Nous avons tous le droit de faire des erreurs et de prendre le temps de nous améliorer. Visualisez toutes les tentatives d'un enfant avant de pouvoir marcher puis courir...sans tomber. Je repense, au moment où j'écris ces lignes, à la tarte Tatin. D'une erreur est née une grande réussite.

3/ Nommer les émotions qui vous traversent : écrire ou exprimer ce que vous ressentez face à une nouvelle tâche à accomplir. S'agit-il de la peur, de l'ennui, du découragement ? Nommer permet de réduire l'emprise de l'angoisse sous-jacente.

4/ Rendre l'acte concret : par exemple noter dans un agenda, rédiger une liste, choisir un moment précis pour passer à l'action. Je vous assure que depuis que j'écris des to-do-list, même si je sais que probablement, je ne réaliserai pas tout de ma liste, j'éprouve une immense satisfaction à rayer ce que j'ai pu effectuer. Chaque rayure est une mini victoire tout à fait agréable.

5/ Travailler l'estime de soi : reconnaître sa valeur indépendamment du résultat final. C'est donc faire la distinction entre valeur de soi et performance.


Quand consulter ?

Lorsque la procrastination devient chronique, qu'elle touche à des domaines essentiels comme le travail, les études, les projets de vie, et qu'elle nourrit une culpabilité et une anxiété, elle révèle le plus souvent un conflit intérieur plus vaste : dépression latente, trouble anxieux, rapport compliqué au désir ou à l'autorité intériorisée. Dans ces cas précis, il est précieux de pouvoir en parler à un professionnel qui aidera à explorer ce que ce comportement dit de la relation à soi, au désir, aux figures parentales et au temps.


En conclusion :

La procrastination est un message à considérer comme un symptôme de conflit intérieur entre une image de soi idéalisée et une crainte paralysante de décevoir (soi-même ou autrui). Le premier pas pour sortir de ce schéma est de renforcer l'estime de soi, d'acquérir de la mansuétude envers toute forme d'imperfection, de sortir de réflexes de comparaisons et d'agir avant tout avec bienveillance envers soi-même. Comme le dit un vieux dicton : "Rome ne s'est pas bâtie en un jour."

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Trouver son élément

Vous connaissez tous l’expression « être dans son élément ». Trouver son élément est indispensable aux sentiments de plénitude et de...

 
 
 

Commentaires


bottom of page