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La dépression : à la recherche de l'amour perdu. Comprendre ses origines et trouver des voies de guérison

  • virginie453
  • 1 sept. 2025
  • 5 min de lecture

La dépression : à la recherche de l'amour perdu.


La dépression, loin d'être une fatalité, peut être entendue comme un signal de l'inconscient, une manière radicale pour la psyché de dire : "Quelque chose en toi ne peut plus continuer comme avant. Il est grand temps de te retrouver et de t'aimer." Et tant mieux !

Je vous propose dans cet article d'envisager la dépression comme un symptôme positif, comme une opportunité de réveil intérieur, de prise de conscience de toutes les injonctions familiales, sociétales, de toutes les stratégies de suradaptation et les dépendances affectives qu'elle révèle.


Avant tout, la dépression ne doit pas se confondre avec l'état ou moment dépressif que chacun.e d'entre nous peut un jour éprouver suite à la perte d'un objet d'amour. Cet objet d'amour peut revêtir de nombreux aspects: un être cher, un travail, un animal de compagnie, un lieu sécurisant, la jeunesse, la notoriété, un combat personnel ou même un idéal. Il est normal pour tout être humain d'en éprouver une profonde tristesse...mais une tristesse qui finit par passer au cours d'un processus de deuil normal car l'estime de soi n'est pas atteinte et que le désir d'aimer et d'être aimé.e ne s'est pas totalement effondré. En un mot, cette perte d'objet d'amour, aussi douloureuse soit-elle, ne détruit pas la pulsion de vie qui permet de continuer à avancer vers l'avenir, construire, se lier à l'autre, créer, partager.


Ses manifestations :

On peut en revanche parler de dépression quand plusieurs symptômes (au moins 5 d'entre eux) perdurent conjointement au-delà de trois semaines : sensation de vide, épuisement, perte de sens, insatisfaction, frustration, repli sur soi, absence de désir, incapacité à se projeter dans l'avenir, perte de l'appétit et du sommeil, idées négatives obsédantes, auto-critique permanente, culpabilité, compulsions morbides, effondrement de l'estime de soi. Au coeur de ces symptômes, une même source : la perte d'une illusion "Je ne serai donc jamais cet être idéal qui ne pouvait exister que grâce à mon objet d'amour perdu ?"


La dépression révèle une faille : la dépendance à cet Autre (personne ou objet) qui permettait d'avoir une image positive de soi-même. Etre le plus apprécié, le plus beau, le plus reconnu, le plus autonome. Et patatras, un accident de vie intervient qui balaie d'un revers de main ce à quoi on était le plus dépendant. Par exemple, ce partenaire de vie auquel vous étiez fusionnellement attaché, et qui vous donnait l'illusion d'être aimé.e d'un amour inconditionnel et durable, vous quitte. Et c'est le trou noir, le vide absolu. Sans lui, vous n'êtes plus rien. Sans lui, vous vous sentez abandonné.e, orphelin.e, sans socle solide, démuni.e d'un repère sécurisant et rassurant. Pourtant, vous lui aviez tout donné ! Votre amour, votre énergie, votre soutien, vos compétences, votre temps. Pourquoi vous a-t-il quitté.e ? Est-ce parce que finalement, vous ne valiez rien ?


Ses origines :

Les origines de la dépression sont évidemment multiples et en rapport avec l'histoire unique de chacun.e. Celles que j'ai observées le plus fréquemment dans ma pratique sont néanmoins les suivantes :

  • blessures anciennes non verbalisées : pertes, séparations, carences affectives, traumas.

  • conflit intérieur entre ce que l'on désire profondément et ce que l'on croit devoir être.

  • excès de pression sociale ou familiale : toujours faire plus, toujours réussir...pour être aimé.e, reconnu.e

  • perte de sens et de repères : vers où me diriger ? Pour quoi ? Pour qui ? Qui suis-je ?


En ce sens, la dépression est une mise en arrêt forcé du Moi. Un message de stop qu'il envoie violemment pour que l'on s'intéresse enfin à lui. Pour utiliser une image, disons que le Moi a tout fait (il étouffait !) pour mettre en place des compromis qui serviraient les intérêts de deux individus pourtant tyranniques avec lui (Le Surmoi, le ça). Aujourd'hui, le Moi crie : "Hey oh, j'existe moi aussi, écoutez-moi, respectez-moi !"


Le sujet enclin à la dépression, porte en lui une fêlure narcissique profonde. L'environnement familial n'a pas su lui donner les clefs pour lui permettre de s'aimer dans son authenticité. Il a sans doute très tôt intégré l'obligation de répondre à des injonctions parentales. "Sois fort", "Sois gentil", "Sois parfait", "Si tu réussis dans ceci ou cela, si tu gagnes beaucoup d'argent, si tu es un parent modèle, si si si...alors, seulement à cette condition, tu pourras être fier.e de toi et aimable car c'est ce que j'attends de toi."

Son enfance a laissé des carences affectives importantes, généré des dépendances au désir et au regard de l'Autre. Cette dépendance originelle au désir et au regard de ses parents, s'est ensuite déplacée sur une activité professionnelle, un.e partenaire de vie, une création personnelle, etc...

L'individu ayant sombré dans la dépression, n'a pas trouvé étant enfant, les racines solides pour faire grandir un amour de Soi libre et autonome. Dans le fond, il éprouve la plus grande des difficultés à faire le deuil de l'image idéalisée qu'un ou ses deux parents avaient projetée sur lui, comme une injonction de devenir. Il en éprouve une immense colère; colère qu'il ne peut projeter sur le parent (pourtant aimé) qui l'a d'une certaine façon (réellement ou de façon fantasmatique) affectivement abandonné. D'où un immense conflit intérieur, et un déplacement de cette colère sur lui-même.


Les voies de guérison :

  • La première et sans doute la plus importante est d'accepter l'idée que vous avez besoin de soutien et que vous avez le droit d'avoir mal à l'être ! Votre souffrance est légitime. Vivre une dépression n'a rien de honteux ou de dégradant. Cela ne veut pas dire que vous avez échoué quelque part.

  • Entamer une thérapie analytique pour poser des mots sur les maux. Etre entendu dans sa souffrance, sans jugement, sans injonction, est déjà un premier pas pour amorcer la réparation d'une image plus positive de soi. La thérapie propose un cadre bienveillant de parole libre pour réparer, renforcer l'amour de soi. Elle offre un espace où la colère et les douleurs du passés peuvent s'exprimer sans peur. Elle a pour objectif de permettre au Moi de s'affirmer, de récupérer son élan vital, son désir, son autonomie.

  • Exprimer sa créativité quelle que soit sa forme.

  • Se reconnecter au corps (par la respiration en conscience, la pratique d'un sport, le yoga, la marche...) pour s'ancrer dans le présent et accueillir les ressentis physiques.

  • Accepter la lenteur. Guérir de ses fêlures prend du temps. Il n'y a aucune urgence ! C'est vous qui connaissez le tempo et il est juste.


    Dans certains cas, un accompagnement médicamenteux est incontournable. Je ne ferai jamais l'apologie des anti-dépresseurs comme unique voie de secours, mais ils peuvent être un soutien transitoire, en parallèle d'un travail en profondeur pour comprendre et dépasser l'origine des conflits intérieurs.




 
 
 

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